Epargne

Comment les jeunes Français épargnent-ils ?

06/02/2018

On n’a pas tous les jours vingt ans… Mais ça ne veut pas dire que la jeunesse dilapide son argent ! Contrairement à une idée reçue, adolescents et jeunes adultes savent se montrer prudents dans la gestion de leurs finances. Préférant la sécurité (livret A, assurance-vie, immobilier), ils feraient même preuve d’un certain conservatisme en matière de placement financier. Chiffres à l’appui, voici un panorama complet de l’épargne des jeunes.

L’épargne des jeunes : panorama

Dans le pays qui enregistre l’un des taux d’épargne les plus élevés au monde, est-il tellement surprenant que les jeunes adultes et les adolescents soient cigales plutôt que fourmis ? C’est ce que démontre un sondage Ifop réalisé pour le Café de la Bourse : 78 % des jeunes actifs déclarent mettre de l’argent de côté chaque mois, un taux deux fois plus élevé que la moyenne nationale (35 %). Ils parviennent à épargner la somme moyenne de 204 € mensuels.

Cependant, de fortes disparités apparaissent en fonction du niveau de revenu, puisque cette somme monte à 578 € pour les jeunes actifs les plus aisés, et descend jusqu’à 120 € pour les plus modestes. 91 % des interrogés de la première catégorie épargnent avec régularité, tandis qu’ils sont « seulement » 65 % pour la seconde. Autant dire que l’épargne des jeunes se porte mieux que bien !

Un bon placement est un placement prudent

Une autre étude, cette fois proposée par AXA Banque, s’intéresse aux raisons pour lesquelles les jeunes jouent les cigales. 41 % d’entre eux mettent de l’argent de côté « pour plus tard » (projet à long terme, éventuel coup dur). 38 % souhaitent préparer une dépense importante (permis de conduire, première location, études). Et 11 % le font « par sécurité ». Cette étude souligne toutefois que l’argent, pour ces jeunes actifs, apparaît comme une source de tracas autant qu’un symbole de réussite et de plaisir.

En matière d’épargne des jeunes, prudence est donc mère de sûreté. Raison pour laquelle le livret A conserve la première place parmi les produits d’épargne préférés de la jeunesse hexagonale : 90 % des moins de 39 ans en détiennent un (sondage Cercle de l’épargne). 46 % des 18-24 ans trouvent ce placement intéressant, et 31 % des 25-34 ans. On remarque que l’intérêt des épargnants faiblit au-delà de 35 ans : il tombe à 18 %. Sans doute parce qu’ils se dirigent plus volontiers vers des placements à meilleur rendement à mesure que leurs revenus augmentent.

C’est sans doute ce besoin de sécurité qui pousse les jeunes épargnants à faire preuve d’une grande prudence dans le choix de leur établissement bancaire. Une étude menée par Exton Consulting nous apprend que 71 % des 21-25 ans et 61 % des 26-29 ans placent leurs revenus et leurs économies dans la même banque que leurs parents. Quand ils se décident à changer, c’est généralement parce qu’ils sont mécontents des services prodigués. Et lorsque cela arrive, 90 % d’entre eux estiment que le premier contact doit se faire de visu, donc en agence – ce qui exclut de fait les banques en ligne comme premier port d’attache de leur indépendance financière.

Quels placements intéressent les jeunes ?

L’épargne des jeunes se veut donc sécurisée. Mais qu’en est-il des placements ? Le sondage Ifop cité plus haut montre que les jeunes cigales s’intéressent principalement :

  • À l’assurance-vie (49 % des interrogés), mais dans sa formule « nouvelle génération » : des produits souscrits et gérés 100 % en ligne, accessibles à partir de faibles montants, proposant des supports d’investissement variés et sans frais abusifs.
  • À l’immobilier, surtout via les Sociétés civiles de placement (40 %).
  • Au financement participatif (36 %), une forme de placement récente qui s’étend dans de nombreux domaines, et qui existe exclusivement sur Internet.

L’étude du Cercle de l’épargne confirme ces données : 65 % des jeunes actifs jugent les placements immobiliers « intéressants », tandis qu’ils sont 57 % à regarder de près l’assurance-vie.

Un grand besoin d’accompagnement

Le vrai problème de l’épargne des jeunes, ce n’est pas le choix, mais le manque d’accompagnement. Alors que 9 actifs sur 10 âgés de 25 à 35 ans songent à mettre de l’argent de côté, ils sont 45 % à déclarer qu’ils optent pour des produits très sécurisés faute d’un accompagnement suffisant (enquête Ifop pour l’Union financière de France).

En somme, voilà des jeunes citoyens préparés aux nécessités de l’épargne, mais qui regrettent de n’être pas mieux guidés !

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