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Placement retraite, comment choisir ?

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Beaucoup de Français attendent le dernier moment pour préparer leur retraite, vers 55-58 ans, voire la veille de leur cessation d'activité, dans le pire des cas. C’est dommage car on peut se constituer un complément de revenu par capitalisation bien avant. Tour d’horizon des différents placements pour bien préparer sa retraite et en profiter sereinement !
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1 – Entre 30 et 40 ans, c’est la fenêtre de tir idéale pour l’achat immobilier.

A 30 ans, on a évidemment un peu de mal à se projeter à la retraite ! Néanmoins, en achetant votre appartement ou votre maison, vous préparez vos vieux jours sans vous en rendre compte. Acheter sa résidence principale demeure le premier acte de la préparation idéale de la retraite. A la retraite, un cadre du secteur privé avec une carrière complète, né à la fin des années 1950, ne percevra que la moitié (50 %) de son dernier revenu d’activité, selon le dernier rapport du Conseil d’orientation des retraites (COR). Être propriétaire et ne plus avoir à payer de loyer peut donc compenser, en partie, cette baisse.
De nombreux Français l’ont compris : en 2021, selon l’Insee, 73.4 % des plus de 70 ans étaient propriétaires. Selon le baromètre Meilleur taux, en juillet 2022, l’âge moyen du foyer primo-accédant était de 37 ans et 1 mois. Et 44 % d’entre eux avaient moins de 35 ans.

En outre, à la trentaine, l’assurance emprunteur, qui représente une part importante du coût, est calculée selon l’âge de l’assuré. Aussi, plus les années passent, plus les problèmes de santé et le risque de décès augmentent, et plus le taux d’assurance grimpe !
A noter : depuis janvier 2022, les banques doivent suivre des critères stricts : votre taux d’endettement ne doit pas dépasser 35% des revenus nets avant impôt et la durée maximale de l’emprunt est de vingt-cinq ans.

Autre critère : l’apport personnel. Pour que le dossier passe en banque, il faut disposer aujourd’hui d’un apport minimum de 10 % pour les primo-accédants. Actuellement, les taux de crédit remontent : à l’automne 2022, ceux sur vingt ans pourraient avoisiner les 2 % (hors assurances et frais de dossier). Mais ils restent bien en deçà de l’inflation (+ 5,8 % sur un an au mois d’août). C’est donc un contexte qui reste favorable.
Pour vous lancer, vous pouvez aussi envisager l’investissement locatif : Pinel dans le neuf, afin de défiscaliser : meublé ou régime du déficit foncier dans l’ancien pour réduire voire effacer l’impôt sur les revenus fonciers. Ce sont des solutions à réserver aux trentenaires aux revenus solides et fortement taxés.
Enfin, si vous êtes jeunes créateurs d’entreprise ou profession libéral, vous devez encore plus que les salariés préparer votre retraite en achetant votre résidence principale.

À 30 ans, on peut aussi avoir la chance de détenir de l’épargne salariale. Sur le plan d’épargne entreprise (PEE), les versements de l’employeur au titre de l’intéressement ou de la participation sur des fonds actions, obligataires, solidaires… sont bloqués cinq ans, mais vous pouvez les laisser fructifier autant de temps que vous voulez. L’intérêt ? Des frais de gestion pris en charge par l’employeur. Quant au plan d’épargne retraite (PER) d’entreprise, l’argent est bloqué jusqu’à la retraite mais vos versements volontaires sont défiscalisés.

 

2 –  À 40 ans, il est important de diversifier et d’orienter son surplus d’épargne vers l’assurance vie multisupport

A 40 ans, on dispose souvent d’une bonne capacité d’épargne. Il devient intéressant de diversifier et de ne pas se contenter de livrets. Vous pouvez vous lancer en Bourse ou sur une assurance vie en unité de compte pour obtenir plus de 5 % de rendement.

L’assurance vie multisupport demeure l’outil de placement idéal, à côté du PEA et du plan d’épargne retraite (PER), pour vous constituer votre propre retraite par capitalisation. Avec seulement quelques centaines d’euros selon les contrats, l’assurance vie propose un fonds en euros, garanti en capital, et de multiples fonds (appelés unités de compte) eux-mêmes investis dans diverses classes d’actifs : actions, obligations, ETF (fonds répliquant les grands indices boursiers, aussi appelés trackers), immobilier, voire des actions en direct.
L’assurance vie profite d’une fiscalité avantageuse. Vous bénéficiez tous les ans d’un abattement sur les gains (tous contrats confondus) de 4 600 euros pour un célibataire et de 9 200 euros pour un couple.
Dernier atout spécifique à l’assurance vie : son régime favorable en matière de succession. Chaque bénéficiaire pourra hériter de votre contrat sans payer de droit de succession jusqu’à 152 500 euros.

Les fonds en euros sont garantis en capital, mais actuellement leur taux de rendement ne dépasse pas 2 % l’an. Avec l’inflation galopante, il est indispensable de diversifier votre contrat en plaçant une partie de votre épargne sur des unités de compte, afin d’espérer une meilleure performance. Sur le long terme, les placements en Bourse ou sur des fonds actions sont toujours plus rentables, malgré leur volatilité. Et plus on investit tôt, plus on lisse le risque par la durée.

Autre solution : les SCPI. Les sociétés civiles de placement immobilier (SCPI) gèrent un patrimoine immobilier (bureaux, commerces…) et redistribuent à leurs associés les loyers perçus moins les charges, sous forme de dividendes. En 2021, leur rendement brut moyen s’élevait à 4,45 %, Les frais d’entrée sont élevés, c’est pourquoi il faut les détenir au moins dix ou quinze ans pour les amortir.

 

3 – À 50 ans, l’âge où l’on est le plus taxé, le PER est un complément idéal.

Le plan d’épargne retraite (PER) séduira les quinquagénaires les plus taxés. Doté d’un avantage fiscal à l’entrée, il constitue un bon complément à l’assurance vie. On dénombre 3,4 millions de PER pour un encours de 42,9 milliards d’euros. À la cinquantaine, il n’est pas trop tard pour augmenter votre pension de retraité à venir. Intéressez-vous au plan d’épargne retraite (PER). Cette nouvelle enveloppe défiscalisante, qui fête ses trois ans en octobre 2022, séduit de plus en plus. À la fin de juillet 2022, on dénombrait 3,4 millions de PER assurantiels pour un encours de 42,9 milliards d’euros, en comptant les nombreux transferts d’anciens contrats de retraite supplémentaire Madelin et Perp (plan d’épargne retraite populaire).
Vous pouvez souscrire vous-même un PER individuel. Et vous détenez peut-être, au sein de votre entreprise, un PER collectif sur lequel est versée votre participation (ex-Perco) ou un PER obligatoire (ex-Article 83). Sauf exception, un PER individuel est une assurance vie et, à ce titre, donne accès à un fonds en euros sécurisé et à des unités de compte, variables selon les contrats, non garanties mais plus performantes. À vous de choisir le mode de gestion.
Quant à la fiscalité, vous pouvez déduire de votre impôt les versements volontaires dans une certaine limite. En contrepartie, l’épargne est bloquée jusqu’à la retraite (sauf exception). Il vous sera alors possible de sortir en rente, en capital unique, voire en étalant vos retraits sur plusieurs années, afin de limiter la charge fiscale. Car à la sortie, le plan est imposé en totalité, sur les gains et sur le capital.

 

4 – À 60 ans, il est aussi temps de faire le bilan de vos placements.

Au plus vous commencez tôt, au plus vous aurez une retraite confortable. A 62 ans, âge légal de la retraite, un cadre a une espérance de vie de 27,4 ans.
A 60 ans, c’est le moment de vérifier les informations sur votre parcours professionnel que possède l’administration. Consultez votre relevé individuel de situation (RIS) sur le portail info.retraite.fr. Il liste tous les trimestres cotisés année après année, employeur par employeur. Il calcule ceux restant à obtenir pour bénéficier d’une retraite à taux plein, sans décote.
D’abord, vérifiez que vous n’êtes pas détenteur d’un contrat d’épargne retraite, collectif ou individuel. Les établissements gestionnaires ont peut-être perdu vos coordonnées. La Cour des comptes estime entre 5 et 10 milliards d’euros le mon tant de l’épargne retraite en déshérence non réclamé.
Passez ensuite à l’action. Tout dépend de votre situation fiscale et, bien sûr, de votre patrimoine. Céder vos actifs locatifs les moins rentables, afin de placer le fruit de la vente sur un contrat d’assurance vie de plus de huit ans sur lequel vous ferez ensuite des retraits réguliers, sera sans doute plus intéressant fiscalement.
En assurance vie, ne placez pas la totalité de votre épargne sur le fonds en euros. Les meilleurs ne rapporteront « que » 2 % en 2022. Selon l’Insee, en 2021, l’espérance de vie à 60 ans est de 27,5 ans pour une femme et de 23 ans pour un homme. Vous pouvez encore diversifier dans des fonds en actions, certes non garantis, mais en règle générale plus rentables.

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