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Placements durables : donner du sens à son argent

Epargne
Faire fructifier ses euros dans des placements éthiques. Épargner autrement, en dehors des marchés financiers. Voilà la promesse de l’investissement socialement responsable. Aujourd’hui, les Français accordent de plus en plus d’importance à des sujets liés à la lutte contre la pollution, au changement climatique, à l’éducation, au respect des droits de l’homme, etc. Pourtant, seule une minorité investit dans des produits d’épargne dits « verts » et « responsables », faute d’informations. Tour d’horizon du sujet.
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1 – Quelques chiffres

Le montant total des actifs financiers détenus par les ménages (assurance vie, actions, épargne déposée à la banque, y compris les comptes courants et espèces stockées) a dépassé le seuil symbolique des 6 000 milliards d’euros. Dans cette réserve d’argent colossale, le poids de la finance solidaire est encore faible, il représente 0,36 % à fin 2020, soit 20, 3 milliards. Cette part ne cesse toutefois d’augmenter – c’était 0,12 % en 2012 et 0,29 % en 2019. Et elle a augmenté de 5 milliards en 2020. Un record.

La finance solidaire se compose de trois types d’épargne : l’épargne salariale solidaire (PEE, Perco) pour 11,7 Mds, l’épargne bancaire solidaire (les livrets d’épargnes solidaire, assurance-vie responsable et solidaire) pour 7,8 Mds et l’épargne collectée par les entreprises solidaires (qui se matérialise surtout par l’achat d’actions non cotées) pour 0,8 milliards.

La finance solidaire regroupe les produits d’épargne qui soutiennent le secteur de l’économie sociale et solidaire (ESS). Il existe deux mécanismes : les produits de partage, qui s’apparentent à un don (le principe est souvent de verser à une association d’intérêt général tout ou partie des intérêts), et les produits de financement, qui font affluer l’argent vers des structures dites ESS via des prêts ou des prises de participation.

En 2022, les contrats d’assurance-vie auront l’obligation de proposer au moins une unité de compte « solidaire », ce qui pourrait aider la finance solidaire à franchir la barre symbolique des 1 %.

 

 

2 – Tour d’horizon des différents labels et fonds pour parfaire ses connaissances.

Il est parfois difficile de s’y retrouver parmi les différentes alternatives étiquetées « responsable ». Comment vérifier la véracité des propos derrière les discours marketing ?

 

Privilégiez les fonds labélisés

Les labels sont une garantie pour les épargnants, une preuve que les processus de gestion sont validés et contrôlés par un tiers. Il existe trois principaux labels français :

 

ISR, (investissement socialement responsable), le plus généraliste
Le label ISR est un label français créé en 2016 par le ministère de l’Économie et des Finances. Issu d’une politique volontariste, l’objectif du label est de mettre en lumière des fonds d’investissement qui respectent les principes de l’investissement socialement responsable, Il est attribué à des fonds de type OPCVM (Sicav et FCP) et à des fonds d’investissement alternatif (FIA). Il peut également être attribué depuis 2020 à des fonds immobiliers (SCPI et OPCI notamment).

 

Greenfin, pour les investissements liés à la finance verte
Créé en 2015, au moment de la COP 21, sous le nom « Transition énergétique et écologique pour le climat » (TEEC), le label Greenfin permet de placer son argent dans des fonds d’investissement qui prennent en compte la transition écologique et énergétique.

 

Finansol, un label grand public
Le label Finansol a été créé en 1997 pour distinguer les produits d’épargne solidaire des autres produits d’épargne investis auprès du grand public. Il existe plus de 160 produits d’épargne solidaire labellisés Finansol.

Pour investir dans la finance durable, il est ainsi préférable de choisir un fond labélisé pour s’assurer que son patrimoine soit effectivement investi dans l’économie verte ou solidaire.

Il faut ensuite bien choisir son fonds. Il en existe deux types, avec deux philosophies bien différentes.

 

Les fonds d’investissements solidaires, aussi appelés fonds « 90/10 », permettant d’investir entre 5 et 10% de l’encours du fonds dans des organismes ESUS (Entreprises Solidaires d’Utilité Sociale). Par exemple, les ESAT et entreprises adaptées qui emploient des personnes en situation de handicap sont des entreprises ESUS, de même que les entreprises d’insertion. Les 10% peuvent aussi financer des financeurs solidaires ou des fonds de microfinance, qui aident localement des populations via des micro-crédits. Les 90 % sont placés sur les marchés financiers labélisés ISR.
Les 5 % à 10 % de financements solidaires échappent aux fluctuations des marchés financiers, puisqu’il ne s’agit pas d’investissements boursiers. Pour autant, il ne s’agit pas de philanthropie, mais bien d’investissements pensés pour être attractifs et rentables.
Ces dernières années, les entreprises tentent de mieux communiquer auprès de leurs salariés et de montrer l’impact de l’épargne salariale via des comptes rendus mettant en avant les bénéfices : par exemple le nombre d’emplois ou de logements créés par les structures financées.

 

Les fonds de partage, qui permettent de faire un don d’une partie des revenus issus du placement, à une œuvre d’intérêt général à caractère social, humanitaire ou environnemental.
Ici, le fonds n’investit pas de l’argent dans une entreprise solidaire. Il va plus loin. Il reverse directement une partie des intérêts générés dans une organisation humanitaire ou sous forme de don à une fondation. Pour être défini comme un fonds de partage, le fonds doit reverser au moins 25 % des intérêts perçus.
Ce type de fonds permet aux particuliers de bénéficier d’une réduction d’impôt égale à 66 % du montant du don versé dans la limite de 20 % de leur revenu imposable.
Malgré cet avantage fiscal, les fonds de partage ne représentent qu’une part infime des placements financiers des Français même s’il existe un intérêt croissant porté par certains clients privés soucieux de soutenir des causes qui leur sont chères.

Bien évidemment, la composition du fonds se doit d’être en cohérence avec la cause soutenue. Ainsi, si la fondation qui obtient le don s’occupe de causes humanitaires, il faudra que le reste du portefeuille soit aligné avec cette cause.

 

Le chiffre clé : Près de 900 produits d’épargne sont labellisés par un des trois principaux labels français. Un record en Europe.

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