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Les années folles de l’épargne crypto : faut-il investir ?

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Réservées jusqu’à présent à des initiés, les cryptomonnaies débarquent peu à peu dans notre quotidien. Grâce à une première étude réalisée par le cabinet KPMG pour le compte de l’Association pour le développement des actifs numériques (Adan), il ressort qu’en janvier 2022, 8 % de la population adulte française a investi dans des cryptoactifs (cryptomonnaies et NFT). Faut-il prendre le train en marche ? Est-ce une bonne idée de fermer son livret A peu rentable et d’ouvrir un livret Crypto ? Explications pour prendre une décision éclairée.
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1 – Les grands concepts

Qu’est-ce que la finance décentralisée ?

Il faut d’abord comprendre ce qu’est l’informatique décentralisée. Lorsque vous arrivez au bureau le matin et que vous badgez, l’ordinateur demande au serveur s’il peut ouvrir la porte et le serveur répond oui ou non. C’est de l’informatique centralisée. A l’inverse, si le système est basé sur de l’informatique décentralisée, ce sont des milliers de serveurs dans le monde qui sont interrogés les uns après les autres lorsque vous badgez. Cette technique est quasiment inviolable car il faudrait pouvoir pirater des milliers de serveurs en même temps ! L’inconvénient est le temps de latence entre le moment où vous posez votre badge et celui où la porte s’ouvre. Interroger des milliers de serveurs prend du temps. L’informatique décentralisée permet de se passer d’un tiers certificateur ou d’une autorité de contrôle. Suivant le même modèle, la finance décentralisée permet de se passer des autorités financières traditionnelles grâce au principe de décentralisation. La DeFi (finance décentralisée) est un système financier parallèle à la finance traditionnelle, qui se passent d’autorité de contrôle et proposent de nouveaux produits et services.

 

La blockchain

Comment les milliers de serveurs interrogés se mettent-ils d’accord sur l’ouverture de la porte lorsque vous badgez ? Via la technologie de la blockchain ! Développée à partir de 2008, la blockchain (dont la traduction en français est chaîne de blocs) est une technologie qui permet de stocker et de transmettre des informations de manière transparente, sécurisée et sans organe de contrôle. Elle ressemble à une grande base de données qui contient l’historique de tous les échanges réalisés entre ses utilisateurs depuis sa création et est hébergée sur les serveurs de milliers d’utilisateurs. Il n’y a aucun intermédiaire pour que chacun puisse vérifier lui-même la validité de la chaîne d’information, dite chaine de blocs. La blockchain peut être utilisée pour transférer des actifs (monnaie, titres, actions…), pour améliorer la traçabilité d’actifs et de produits ou pour exécuter automatiquement des contrats (des « smart contracts »).

 

La cryptomonnaie

Pour simplifier, une crypto-monnaie est une monnaie qui repose sur la technologie de la blockchain et qui est donc gérée par des milliers de personnes. Concrètement, ça veut dire qu’elle ne dépend pas d’une banque centrale. L’euro peut être influencé par une dizaine de personnes : celles qui dirigent la Banque centrale européenne. Celle-ci décide de la quantité d’euros en circulation et peut ainsi créer de l’inflation ou de la déflation. Ce n’est pas le cas du bitcoin et des autres crypto-monnaies (Ethereum, Solana, etc.) où l’on parle donc d’une monnaie décentralisée. Il n’y a pas une seule entité qui gère l’émission de cette monnaie. C’est programmé à l’avance dans la blockchain.

2 – Quelles sont les motivations des détenteurs de crypto ?

Des gains potentiellement très importants

Il y a beaucoup de belles histoires ! « Plus de 10 000 euros en 6 mois sans rien faire ! », « Je vais m’acheter mon appart avec mes cryptos ! ». Certes, il y a quelques heureux chanceux et certains ont investi au bon moment.  C’est donc une motivation éminemment forte, malgré la volatilité du marché et ses risques importants.

 

Un moyen de se protéger contre l’inflation

Contrairement aux monnaies fiduciaires, la valeur de Bitcoin ne peut pas être affectée négativement par l’émission de nouvelles pièces., le bitcoin (BTC) possède une politique monétaire prédéterminée avec une limite de 21 millions de bitcoins. On ne peut donc pas augmenter la masse monétaire et déprécier sa valeur. C’est donc une monnaie qui peut constituer un rempart contre l’inflation.

Si en Europe on parle d’inflation forte (+4,8% en 1 an) c’est sans commune mesure avec ce qu’il se passe en Argentine (+50,9 % en 2021) ou au Liban (+154,8 %). Face à cette situation, de plus en plus d’argentins ou de libanais se tournent vers les cryptomonnaies pour protéger leur patrimoine.

 

3 – Investir dans les cryptomonnaies : est-ce sérieux ?

Bien que ce marché atteint aujourd’hui les 1.900 milliards de dollars de capitalisation, il demeure exposé à une volatilité sans commune mesure avec les classes d’actifs plus traditionnelles. Les cycles haussiers et baissiers s’alternent beaucoup plus rapidement que sur les marchés boursiers classiques. C’est la petite taille du marché des cryptos qui explique qu’il est si instable. Dit autrement, plus une capitalisation est faible, plus des ordres d’achats ou de ventes entraîneront des variations de cours importantes. Toutefois, qui dit taille réduite dit marge de progression. Aujourd’hui, les dimensions de ces marchés sont déjà en train de changer et attirent les professionnels. Les plus grands fonds de capital-risque américains investissent désormais massivement dans ce que l’on appelle le Web 3 (une version décentralisée du web 2). Pas moins de 30 milliards de dollars ont été investis l’an passé, soit plus que toutes les années précédentes réunies. Les levées de fonds se multiplient et l’on compte désormais une cinquantaine de licornes dans le secteur. En somme, l’investissement est très sérieux mais il fait partie des plus risqué !

 

4 – Investir dans les cryptomonnaies : comment faire ?

Pour celles et ceux qui sont tentés par l’aventure, il existe de nombreuses applications financières qui permettent d’acheter et de vendre des cryptomonnaies directement depuis son smartphone. La néo-banque Revolut par exemple propose à ses clients une liste de 60 cryptomonnaies. D’autres applications encore plus grand public ont récemment développé une offre crypto – à l’instar de Lydia qui propose depuis fin 2021 « l’investissement dès 1 euro » et sans commission. Avec un ticket d’entrée plus important (20 000 euros), vous pouvez également ouvrir un livret crypto. Chez Coinhouse, la rémunération promise est de 5% par an avec un engagement minimum de 3 ans.

Mais ces acteurs ne proposent en général qu’une simple exposition et non pas une véritable détention des avoirs. Il est en général impossible de retirer ses cryptos de la plateforme pour les envoyer sur une autre ou les mettre sur un wallet personnel. Vous êtes donc dépendants de ces applications ou livrets.

Vous pouvez également vous diriger vers des places d’échanges d’actifs, dits des « exchanges », qui sont la porte d’entrée historique de ce marché né avec Bitcoin en 2008. Tournez-vous vers les PSAN (Prestataire de services en actifs numériques, enregistrés auprès de l’AMF), en France, il s’agit de Binance et Coinhouse pour ne citer que les plus connues. Elles sont de loin le moyen le plus sûr d’acheter des cryptomonnaies par virement bancaire ou avec votre carte bleue.

Enfin, les utilisateurs les plus aventureux pourront se doter d’un « wallet », un portefeuille numérique pour stocker ses cryptomonnaies et s’identifier dans le Web3. Grâce à ce wallet, vous aurez la possibilité à partir d’un simple navigateur internet d’avoir accès à une multitude d’applications décentralisées (appelées « dApps ») pour échanger des cryptomonnaies, prêter ou emprunter des cryptomonnaies ou encore utiliser des produits dérivés. Ce wallet vous permet d’être le seul maître de vos cryptomonnaies. Cependant, il vous rend totalement responsable du stockage de vos avoirs et vous fait dès lors encourir un risque de perte irréversible en cas de perte du mot de passe ou de hack. Vous n’avez donc plus de filet de sécurité.

 

5 – Est-ce une réelle alternative aux livrets d’épargne classiques ?

Les offres des livrets crypto sont très alléchantes. Mais attention, malgré l’utilisation du terme livret, le Livret Crypto n’a rien d’un compte épargne : il est avant tout un investissement spéculatif très risqué.

Chez Coinhouse, votre argent est investi dans le Tether (USDT), un stablecoin créé en 2014 et dont la valeur est indexée sur le dollar. Coinhouse s’occupe ensuite de placer les fonds sur différents supports comme les plateformes d’échange.

Si l’on compare les performances avec celles du Livret A, les différences sont flagrantes Le livret crypto de Coinhouse sert un taux de rémunération de 5%, bien supérieur au 1% du livret A.

Si les dépôts sur le livret crypto ne sont soumis à aucun plafond, il y a en revanche un minimum de 20 000 euros à débourser. On est loin des 10 euros requis pour ouvrir un Livret d’épargne DISTINGO ! Autres différences ? Votre capital n’est pas garanti, vous pouvez perdre la somme investie en totalité. Votre placement n’est pas tout à fait liquide car vous pouvez récupérer vos fonds seulement au bout d’une période de 13 semaines.

Bilan : le Livret Crypto de Coinhouse pourra s’avérer intéressant pour les épargnants qui connaissent bien l’univers des crypto-actifs et souhaitent diversifier leur épargne. D’autant que les crypto-monnaies bénéficient d’un abattement fiscal sur les plus-values à hauteur de 305 euros. Au-delà, les plus-values sont soumises au prélèvement forfaitaire unique (PFU) de 30%.

 

 

Conclusion : Pour investir dans les cryptomonnaies, il vaut mieux avoir le cœur bien accroché sous peine de subir des montagnes russes émotionnelles ! Un livret d’épargne crypto n’est pas un livret d’épargne classique. Ils ne sont pas interchangeables mais complémentaires si on a les moyens de consacrer une somme (que l’on peut potentiellement perdre) dans les cryptomonnaies.

Pour rappel et exemples, le Bitcoin a vu sa valeur divisée par deux en six mois et la cryptomonnaie Terra Luna, qui était l’une des cryptos les plus importantes, a disparu. Ces investissements sont extrêmement volatiles et n’ont donc pas grand-chose en commun avec des supports sûrs et sécurisés comme le livret et le compte à terme Distinguo. L’investissement en cryptomonnaies ne semble donc pas destiné aux néophytes ou aux épargnants cherchant à se constituer une épargne de précaution.

Une autre question reste en suspens et pose un problème : le bitcoin est-il un désastre écologique ? Le problème environnemental posé par le bitcoin n’est pas nouveau. Son minage (opération qui consiste à valider une transaction en chiffrant les données et à l’enregistrer dans la blockchain) est particulièrement énergivore. Les calculs complexes effectués 24 h/24 par des fermes d’ordinateurs surpuissants pour valider et sécuriser les transactions sur la blockchain Bitcoin consomment en énergie 70 TWh sur une année, soit l’équivalent de la consommation d’un pays comme la Belgique et ses 11 millions d’habitant. Une version plus écologique du Bitcoin (énergie verte, surplus d’électricité de certains pays producteurs) est, en théorie, possible. Mais le chemin à parcourir pour y arriver reste semé d’embûches.

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